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Cancer du sein
Responsable
Dr Barbara Pistilli
Nouveaux patients
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Comprendre la maladie
Le cancer du sein est une prolifération anormale de cellules au sein de la glande mammaire. Il naît le plus souvent dans les canaux qui conduisent le lait (cancers dits canalaires) ou, plus rarement, dans les lobules qui le produisent (cancers lobulaires). Il évolue généralement sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
Les cancers du sein forment un ensemble hétérogène. Leur pronostic et leur traitement dépendent du stade au diagnostic, des caractéristiques de la tumeur (taille, grade, atteinte ganglionnaire) et de son profil biologique, notamment l’expression des récepteurs hormonaux et de la protéine HER2.
Toutes les anomalies du sein ne sont pas des cancers. Certaines lésions sont bénignes ; d’autres, dites précancéreuses ou in situ, restent localisées mais justifient une prise en charge afin de prévenir leur évolution.
Qu’est-ce que le sein ?
Le sein est une glande composée de lobules, qui produisent le lait, et de canaux, qui l’acheminent vers le mamelon. Cette glande est entourée de tissu graisseux et de soutien, et drainée par un réseau de ganglions lymphatiques, situés principalement au niveau de l’aisselle. C’est dans les canaux et les lobules que se développe la grande majorité des cancers du sein, et les ganglions axillaires sont examinés lors du bilan pour évaluer l’extension de la maladie.
L’expertise de Gustave Roussy
Le comité de pathologie mammaire de Gustave Roussy prend en charge plus de 10 000 patient(e)s chaque année, dont environ 2 000 nouveaux(elles) patient(e)s. Il couvre l’ensemble du parcours : diagnostic, chirurgie et reconstruction, traitements médicaux, radiothérapie, suivi et soins de support, ainsi que la prise en charge des femmes à haut risque et de certaines pathologies bénignes du sein.
Les principaux types de cancer du sein
Au-delà du stade, le profil biologique de la tumeur oriente fortement le pronostic et le choix des traitements. On distingue principalement trois grands sous-types, auxquels s’ajoutent les lésions in situ et des formes plus rares.
Ils expriment des récepteurs aux œstrogènes et/ou à la progestérone et représentent la majorité des cas. Ils sont sensibles à l’hormonothérapie, qui bloque l’action des hormones favorisant la croissance tumorale.
Ils surexpriment la protéine HER2 à la surface des cellules tumorales. Ils bénéficient de thérapies ciblées spécifiques dirigées contre HER2, associées à la chimiothérapie.
Ils n’expriment ni récepteurs hormonaux, ni HER2. Souvent plus agressifs, ils reposent principalement sur la chimiothérapie, à laquelle s’ajoutent, dans certaines situations, l’immunothérapie ou des thérapies ciblées.
Le carcinome in situ reste confiné dans le canal ou le lobule, sans franchir la membrane. D’autres lésions dites à risque, découvertes lors d’une biopsie, augmentent la probabilité de développer un cancer et nécessitent un suivi adapté.
Certaines présentations, comme le cancer du sein inflammatoire ou le cancer du sein chez l’homme (environ 1 % des cas), sont plus rares et relèvent d’une expertise dédiée.
Facteurs de risque et prévention
Le cancer du sein résulte de la combinaison de plusieurs facteurs, et environ la moitié des cas surviennent chez des femmes ne présentant pas d’autre facteur de risque que l’âge et le sexe. Certains facteurs sont bien établis, et une partie d’entre eux peuvent être modifiés.
Le risque augmente avec l’âge : près de 80 % des cancers du sein surviennent après 50 ans. Une exposition hormonale prolongée (règles précoces, ménopause tardive, certains traitements hormonaux) peut également jouer un rôle.
Environ 5 % des cancers du sein sont héréditaires, liés notamment à une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2. Une consultation d’oncogénétique peut être proposée en cas d’antécédents familiaux évocateurs ou de cancer survenu à un âge précoce.
La consommation d’alcool, le surpoids et l’obésité, la sédentarité et le tabac sont associés à une augmentation du risque. Agir sur ces facteurs contribue à prévenir le risque d’apparition de la maladie.
Un antécédent personnel de cancer du sein, certaines lésions précancéreuses ou un antécédent de radiothérapie thoracique justifient une surveillance spécifique.
Dépistage et prévention personnalisée
En France, une mammographie de dépistage est recommandée tous les deux ans entre 50 et 74 ans, en l’absence de symptôme ou de facteur de risque particulier. Un examen clinique annuel est conseillé à partir de 25 ans. Aujourd’hui, 60 % des cancers du sein sont diagnostiqués à un stade précoce.
Pour les personnes à risque élevé, une consultation d’oncogénétique et le programme Interception de Gustave Roussy proposent un dépistage et une prévention personnalisés.
Symptômes
Le cancer du sein est souvent détecté avant l’apparition de tout symptôme, grâce au dépistage. Lorsqu’ils existent, les signes ne sont pas spécifiques d’un cancer, mais toute anomalie persistante doit conduire à consulter.
- Une masse ou une boule dans le sein ou sous l’aisselle.
- Une modification de la taille ou de la forme d’un sein.
- Un changement de la peau (rougeur, aspect de peau d’orange, rétraction) ou du mamelon.
- Un écoulement inhabituel par le mamelon, parfois teinté de sang.
- Une douleur localisée et persistante, sans lien avec le cycle.
Quand consulter ?
Toute anomalie du sein qui persiste (masse, modification de la peau ou du mamelon, écoulement) doit être évaluée par un médecin, sans attendre la prochaine mammographie de dépistage. Ces signes ont le plus souvent une autre cause, mais un examen permet de lever le doute rapidement.
Le diagnostic
Le diagnostic associe un examen clinique des seins et des aisselles, des examens d’imagerie (mammographie, échographie, et si besoin angiomammographie ou IRM mammaire) et, lorsque c’est nécessaire, un prélèvement (biopsie ou cytoponction) analysé au laboratoire. Ces examens précisent la nature de la lésion, son type et son profil biologique.
À Gustave Roussy, le parcours InstaDiag sein regroupe, sur une même journée, lorsque la situation clinique le permet, l’ensemble des consultations et examens utiles pour poser un diagnostic précis lorsqu’une anomalie mammaire a été détectée en ville.
→ En savoir plus sur le diagnostic du cancer du sein
Le parcours diagnostique
Examen clinique, imagerie mammaire, prélèvement guidé par l’imagerie si nécessaire, analyse anatomopathologique et détermination du profil biologique (récepteurs hormonaux, HER2), puis discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Prise en charge à Gustave Roussy
La prise en charge est personnalisée et décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), réunissant radiologues, pathologistes, chirurgiens, oncologues médicaux, oncologues radiothérapeutes, infirmiers et psychologues. Les propositions de traitement sont ensuite expliquées et partagées avec la patiente par le médecin référent.
Depuis 2004, Gustave Roussy propose un accueil pluridisciplinaire dédié permettant, dans la plupart des cas, d’établir dans la journée le diagnostic d’une anomalie du sein détectée en ville. Dans 90 % des cas, si l’anomalie est une masse, un diagnostic précis peut être obtenu le jour même.
Les patient(e)s ayant déjà un diagnostic établi bénéficient d’une journée réunissant relecture de l’imagerie, consultations spécialisées et bilan, afin d’engager rapidement la prise en charge.
Une consultation évalue l’éligibilité des patient(e)s aux essais cliniques en cours et en explique le déroulement. Les études ouvertes sont référencées sur l’application Klineo.
Pionnier dans ce domaine avec le DIOPP et l’équipe Résilience, le comité intègre des solutions numériques de suivi pour une gestion plus précoce et personnalisée des effets secondaires.
Organisée avec le DIOPP, elle accompagne la fin du traitement initial : suivi, hormonothérapie, nutrition, activité physique, soutien psychologique et sexualité après cancer.
Une prise en charge globale
Fatigue, douleur, effets secondaires des traitements, besoins psychologiques, nutritionnels, sociaux ou de préservation de la fertilité : les soins de support sont intégrés au parcours et adaptés à la situation de chaque patient(e).
Traitements
Le traitement dépend du stade et du profil biologique de la tumeur. Pour un cancer localisé, il repose le plus souvent sur la chirurgie, associée selon les cas à une radiothérapie et à des traitements systémiques (chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées, immunothérapie). Pour un cancer métastatique, l’objectif est de contrôler durablement la maladie grâce à des traitements médicaux au long cours.
Pierre angulaire du traitement localisé, elle privilégie la conservation du sein lorsque c’est possible et propose toutes les techniques d’oncoplastie et de reconstruction, y compris immédiate et par microchirurgie.
Chimiothérapie, hormonothérapie pour les tumeurs hormonodépendantes et thérapies ciblées (anti-HER2, inhibiteurs du cycle cellulaire, inhibiteurs de PARP) réduisent le risque de rechute et contrôlent la maladie.
Souvent proposée après la chirurgie, elle diminue le risque de rechute locale. Gustave Roussy a été pionnier de la radiothérapie hypofractionnée, avec un programme permettant de réaliser le traitement en cinq jours pour certaines patientes.
Témoignage
Recherche et innovation
Gustave Roussy est un centre de soins et de recherche. Dans de nombreuses situations, des techniques ou traitements alternatifs sont développés, étudiés et peuvent être proposés à nos patient(e)s afin d’améliorer les standards actuels. Ces alternatives sont toujours optionnelles, discutées, et réalisées uniquement lorsque le ou la patiente peut potentiellement en bénéficier et souhaite participer aux recherches en cours. Ces études concernent toutes les situations :
- Dépistage
- Diagnostic
- Prévention
- Chirurgie
- Radiothérapie
- Traitements médicaux
- Soins de support
Rejoindre un essai clinique
De nombreux essais cliniques sont ouverts aux patients atteints cancers. Participer à un essai thérapeutique permet d'accéder à un traitement innovant, tout en contribuant au développement de nouvelles thérapies.
Référentiel de traitement pour les professionnels
referentiel-senorif-2021-2022.pdf
Questions fréquentes
Détecté à un stade précoce, le cancer du sein est de bon pronostic : la survie nette à cinq ans est de 88 % pour les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015, et atteint environ 99 % pour les formes détectées très tôt. C’est l’une des raisons pour lesquelles le dépistage est essentiel.
En France, environ 61 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année (61 214 cas estimés en 2023). C’est le cancer le plus fréquent chez la femme.
Dans la majorité des cas, non. Environ 5 % des cancers du sein sont héréditaires, liés notamment à une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2. Une consultation d’oncogénétique peut être proposée en cas d’antécédents familiaux évocateurs.
La chirurgie est le traitement de référence du cancer du sein localisé et il est exceptionnel qu’elle ne soit pas recommandée. Elle est de plus en plus souvent conservatrice, et la reconstruction est proposée chaque fois que possible.
Oui. Un deuxième avis peut aider à confirmer un diagnostic, discuter une stratégie de traitement ou évaluer l’accès à un essai clinique. La demande se fait selon les modalités indiquées par le comité de pathologie mammaire.